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Année Internationale de la Biodiversité 2010

HTML Document IX - Les cause des pressions et menaces sur les écosystèmes et leur diversité biologique

Cette page contient les principales causes des pressions et menaces sur les écosystèmes et leur diversité biologique

Release date 16/03/2010
Contributor saidou doumbouya
Geographical coverage Guinée
Keywords Analyse, pression, menaces, cause, perte de la biodiversité

L'analyse des pressions et menaces qui pèsent sur les écosystèmes et leur diversité biologique a permis de ressortir les principales causes fondamentales de la perte de la diversité biologique. Elles sont d'ordre démographique, économique, institutionnel, réglementaire, technologique, etc…
Les facteurs sont entre autres les suivants:

  • l'augmentation de la demande de ressources biologiques due à la croissance démographique et au développement économique;
  • le manque de considération par le guinéen des conséquences à long terme de ses activités sur l'environnement.
  • le manque d'appréciation des conséquences d'utilisation de technologies non appropriées;
  • le manque de reconnaissance par l'économie de marché de la valeur réelle de la diversité biologique;
  • le manque de contrôle suffisant par les politiques sectorielles gouvernementales de la surexploitation des ressources biologiques;
  • l'accroissement de la migration humaine.
  • instabilité politique et guerres civiles dans les pays voisins

1 - LE CONTEXTE POLITICO-ECONOMIQUE

Le Gouvernement a adopté un programme de développement fondé sur l'exigence de satisfaire les besoins fondamentaux de la population, d'instaurer la sécurité alimentaire, de restaurer l'économie nationale en se fondant sur les capacités endogènes renforcées par la coopération internationale.
Pour ce faire, l'Etat s'est désengagé du Secteur économique au profit du privé; il a décentralisé les pouvoirs de décision au niveau des Régions, Préfectures et Communautés Rurales et s'est engagé sur la voie des reformes économiques, structurelles , à économie libérale, pour créer les conditions propices à l'émergence des initiatives privées.

2 - LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE

Sur la base du dernier recensement général de la population, la Guinée comptait en décembre 1997, environ 7 millions d'habitants, avec une densité moyenne de 28,5 habitants au km². Cette densité passera à plus de 48 habitants au km² en l'an 2018. Le taux d'accroissement annuel de cette population est de 2,8 %.
Cette démographie galopante a pour conséquences la pression sur les ressources biologiques Il s'ensuit une dégradation accélérée des ressources naturelles par la surexploitation pour satisfaire la demande toujours croissante.

3 - L'AFFLUX DES REFUGIES.

Depuis le début des années 90, la sous-région Ouest-Africaine est entrée dans une ère d'incertitudes où coups d'Etat militaires alternent avec des rebellions, le tout menant à des guerres civiles exposant ainsi les pauvres populations aux massacres ou à l'exode. C'est ainsi que le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée Bissau sont dans la tourmente.
Par humanisme et par devoir de solidarité africaine, la Guinée a accueilli sur son sol plus de 600.000 réfugiés. Ce nombre ne cesse d'ailleurs de s'accroître.
Cette arrivée massive s'est accompagnée naturellement, de besoins à satisfaire par prélèvement sur les ressources naturelles disponibles. Ces prélèvements massifs incontrôlés se sont traduits aujourd'hui en un désastre écologique. Les ressources biologiques locales sont largement en deçà des besoins vitaux des populations autochtones et réfugiées. Les conséquences de cette nouvelle donne se font gravement sentir en Guinée Forestière qui est un des importants foyers de la diversité biologique en Guinée.
Dans cette région, la densité de la population peut atteindre 400 habitants au km² dans les zones d'implantation des réfugiés. Par exemple, à elle seule, la préfecture de Guéckédou abrite 288.467 réfugiés pour une population résidente de 348.053 soit une population totale de 636.520 en 1997.

4 - LA NON-DURABILITE DES SYSTEMES D'EXPLOITATION

L'homme intervient comme perturbateur de l'équilibre naturel dans le but de se procurer toutes les ressources qui lui sont nécessaires, pour sa survie comme matières premières (eau, air, plantes, énergie, terre, animaux.).
Les activités de l'homme dégradent l'environnement et constituent une menace pour la vie dès que le déséquilibre qu'elles engendrent dépasse la capacité de régénération, d'auto - régulation ou d'auto-épuration de la nature.
L'utilisation durable des ressources biologiques se fonde sur le principe que le prélèvement à pour objectif de satisfaire les besoins présents sans compromettre la satisfactions des besoins des générations futures.
Ces systèmes concernent généralement

4.1 - L'exploitation agricole

Elle se manifeste à travers certaines opérations culturales dégradantes comme le système sur brûlis, le déboisement abusif, le nomadisme agricole, l'utilisation inconsidérée des engins souvent mal adaptés aux conditions du milieu, le déboisement des terres marginales à fortes pentes, la divagation des animaux.

4.2 - L'exploitation de la flore

L'exploitation revêt multiples formes. En effet la forêt fournit combustibles, matériaux de construction, aliments, fourrages, médicaments, fibres et bois pour l'exportation et pour d'autres services très divers.
Les différentes formes de prélèvement ont pour impact la fragmentation de l'habitat naturel, la surexploitation de certaines espèces, les changements climatiques, la dégradation des sols, la perte de la diversité biologique etc..
La situation de l'approvisionnement en bois et charbon de bois de Conakry et de quelques grandes agglomérations de l'intérieur devient critique et aboutit à la destruction totale des ressources ligneuses dans une zone de plus en plus vaste autour des villes.
L'exportation et la commercialisation de bois d'œuvre prennent une ampleur considérable dans toutes les préfectures du pays.

4.3 - L'exploitation de la faune

La nécessité de se procurer d'une alimentation riche en protéines et se faire des revenus économiques amène la population à prélever constamment dans la réserve faunique naturelle terrestre et aquatique. A cet effet, la chasse (la battue, l'utilisation du feu pour traquer les animaux, l'affût et l'utilisation de des pièges), la capture et le commerce des oiseaux, la pêche (utilisation de plantes ichtyotoxiques et d'engins inappropriés, l'assèchement des cours d'eaux) constituent les principales activités de prélèvement.

5 - LA PAUVRETE

La population rurale détruit les ressources naturelles et la nature uniquement pour survivre. La dégradation de celle-ci accroît la pauvreté, laquelle empire la dégradation.
La question de pauvreté est un problème complexe ayant pour origine des perturbations endogènes telles:

  • le régime d'accès ouvert sans mécanisme de distribution équitable des avantages, sans droits et devoirs clairement reconnus;
  • l'insécurité politique par la non-participation des groupes, des organisations et de certains individus à l'identification et à la mise en œuvre des choix d'intérêts.

6 - LE MANQUE D'ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Les alternatives économiques sont insuffisantes ou inexistantes. En conséquence la presque totalité de la population active est orientée vers l'exploitation des ressources naturelles notamment les ressources biologiques.
Les populations qui vivent dans le milieu rural, notamment dans les écosystèmes fragiles (cultures sur pentes, déboisement des têtes de sources, etc..), ne bénéficient pas des solutions économiques de remplacement.
D'une manière générale, la dégradation des écosystèmes et de leurs ressources naturelles est associée aux modes d'exploitation et les pressions reflètent directement les possibilités des exploitants.

7 - LE NON-RESPECT DES US ET COUTUMES

Différents aspects de la culture guinéenne intégraient adéquatement la bonne gestion des ressources naturelles y compris les écosystèmes. Nos populations sont dépositaires de nombreuses connaissances dont la pratique a été bloquée dans les années soixante. Ces connaissances ont conservé les écosystèmes, la faune et la flore tout en tirant partie des valeurs économiques dans le respect des équilibres écologiques.
La vie des populations guinéennes a longtemps reposé sur l'exploitation exclusive des ressources telles le sol, l'eau, la faune et la flore .Ces ressources étaient gérées collectivement selon les règles coutumières avec une autorité traditionnelle responsable. La gestion s'est longtemps exprimée par la répartition annuelle des terres de culture, la délimitation des zones de réserve, la protection de certaines espèces de végétaux et d'animaux, l'organisation des cueillettes, des pêches collectives, l'initiation des chasseurs et des guérisseurs traditionnels aux bonnes pratiques, la réglementation de la transhumance et du brûlis.

8 - L'ANALPHABETISME

L'un des problèmes auquel se heurtent nos populations est l'analphabétisme de la grande majorité d'entre elle. Cet analphabétisme et l'illettrisme accentuent la pauvreté. La Guinée détenait en 1996, un taux d'analphabétisme de 69 % de la population. L'analphabétisme touche 81 % des femmes et 56 % des hommes, selon le rapport national sur le développement humain (RNDH 1997).

9 - L'EXPLOITATION DES MINES ET CARRIERES

L'exploitation des mines et des carrières axée sur l'extraction, de la bauxite et des granites, l'exploitation artisanale et industrielle de l'or et du diamant et l'extraction des matériaux de construction (sable, gravier, bloc, argile) a des impacts négatifs sur la diversité biologique (faune et flore), sur la qualité et disponibilité de l'eau, sur le climat.
Le paysage guinéen est déjà marqué par des vastes saignées de mines à ciel ouvert. Les activités minières ont une importante incidence sur le couvert végétal, les sols et la faune. Elles entraînent non seulement une modification des paysages, mais elles provoquent de graves pollutions par les rejets dans l'atmosphère, dans les eaux et dans les sols.
L'industrie minière et l'exploitation minière artisanale causent de nombreux dommages à l'environnement et peuvent, faute de mesures préventives et curatives, mettre dangereusement en jeu le développement des zones environnementales et des sites d'exploitation et vider ces lieux de leur diversité faunistique et floristique.