CEIAN 2010

La Vague verte

 

Initiative mondiale pour planter des arbres

Année Internationale de la Biodiversité 2010

HTML Document V - Les systèmes d'exploitation des ressources de la diversité biologique et les pressions induites

Cette page contient les différents systèmes d'exploitation de la biodiversité.

Release date 15/03/2010
Contributor saidou doumbouya
Geographical coverage Guinée
Keywords Diversité biologique, systèmes d'exploitation

L'homme par ses activités est responsable de la diminution rapide du nombre d'espèces animales et végétales sur la planète. Il est toujours au centre des pressions et des menaces sur la diversité biologique des écosystèmes à travers l'agriculture, l'élevage, la chasse, l'exploitation des mines et carrières, les feux de brousse, l'urbanisation, l'exploitation forestière, la cueillette, l'introduction des espèces exotiques, les barrages et captages, l'extraction des produits forestiers secondaires, le commerce et l'industrie, l'artisanat, la pêche, le tourisme, etc..
Cependant, en plus des menaces et pressions anthropiques, des facteurs naturels causent également des dégradations importantes bien que rares, heureusement, en Guinée.
La Guinée est tributaire de ses forêts, de sa faune, de ses pâturages et terres de culture qui sont tous menacées de dégradation et se trouvent au seuil de la limite de leurs capacités.
Cette dégradation se manifeste par la perte massive de sol, la chute des rendements, le déboisement, la perturbation de l'approvisionnement en eau , la destruction des pâturages naturels….
La durabilité de la production est tributaire des systèmes d'utilisation des terres permettant de maintenir la fertilité, de réduire l'érosion, de fixer les populations et sauver les écosystèmes et leurs ressources tout en les utilisant à leur plein potentiel pour satisfaire les besoins sans hypothéquer la part des générations futures.

I - LES SYSTÈMES AGRICOLES 

La Guinée offre dans son ensemble de bonnes conditions agro-climatiques, un important réseau hydrographique et un polder qui favorisent la pratique des activités agricoles pendant une bonne partie de l'année. Néanmoins le potentiel de terres agricoles estimé à 64 000 km2 pour 4 000 000 de ruraux, est reparti de façon relativement déséquilibrée entre les Régions Naturelles et les Préfectures, de densités de populations humaines très différentes.
L'agriculture est la principale occupation productive en Guinée, puisqu'elle concerne plus de 85% de la population.
La Guinée a un climat contrasté, un relief accidenté, des roches - mères pauvres, un potentiel cultivable plus qu'ailleurs menacé de dégradation par l'érosion et par la perte de fertilité.
Les principales causes de ces atteintes, dans l'ensemble bien connues sont les suivantes :

1.1 - Les pratiques culturales inappropriées telles que 

- les cultures effectuées sur pentes, sans précautions anti-érosives ;
- le raccourcissement des jachères sans amélioration des sols ;
- la pollution des sols et des eaux par l'usage incontrôlé des intrants chimiques agricoles (engrais, pesticides) ;
- le nomadisme cultural ;
- les feux agricoles utilisés par le nomadisme cultural.
Sur le sol , les feux favorisent l'érosion du fait de la destruction de la strate herbacée laissant le sol sans protection lors de l'arrivée des premières pluies,.
Sur la flore, les essences des forêts denses sèches, savanes herbeuses, arbustives, arborées, îlots forestiers et galeries disparaissent du fait de l'élimination des semis et arbrisseaux mais aussi par la destruction des grands sémenciers.
Sur la faune, beaucoup d'animaux ne pouvant s'échapper périssent dans les flammes.

1.2 - L'introduction de variétés améliorées

L'une des principales causes de l'appauvrissement de la diversité des ressources génétiques des plantes locales cultivées est l'introduction de variétés améliorées qui remplacent les variétés locales.

1.3 - Les insectes ravageurs, les maladies cryptogamiques 

Introduits par les échanges mal suivis et mal contrôlés sont aujourd'hui une grande menace pour les plantes cultivées et apparentées sauvages.

1.4 - La mécanisation tout azimut sans précautions a contribué à l'appauvrissement des sols par le retournement en profondeur de la couche arable.

1.5 - Les aménagements Hydroagricoles provoquent la destruction des habitats de nombreuses espèces de faune, de flore terrestres et aquatiques, perturbent la migration des espèces aquatiques et leur cycle normal de reproduction et de croissance.

2 - LES FEUX DE BROUSSE :
Ils sont d'origine naturelle (foudre, lentilles) ou anthropiques (chasse, agriculture, élevage, nettoyage des routes, récolte de miel, automobiles, pêcheurs, voyageurs, campeurs, fumeurs etc.).

3 - LA CARBONISATION :
C'est un fléau très répandu surtout dans les Préfectures qui avoisinent Conakry. Longtemps axée sur les espèces forestières, la carbonisation porte à présent sur certaines espèces fruitières comme le manguier.

4 - LES FOURS A BRIQUES :
L'expansion urbaine développe de nombreux fours à briques qui consomment des milliers de stères de bois verts par an. Ce phénomène aujourd'hui généralisé dans tout le pays détruit les abords et les berges des cours d'eau et provoquent leur envasement et leur tarissement.

5 - L'EXPLOITATION FORESTIÈRE :
Partout dans le pays, des Sociétés nationales et étrangères, des groupements forestiers, des scieurs individuels et des coopératives, opèrent dans les différentes formations forestières du pays. Ces exploitations se font pour du bois d'œuvre, de service, de chauffe et du charbon de bois.
La situation actuelle du pays en matière forestière est assez grave et mérite une réflexion approfondie.
L'approvisionnement en bois et charbon de bois de Conakry et de quelques grandes agglomérations de l'intérieur devient critique.
Les hauts bassins versants des principaux fleuves de l'Afrique de l'Ouest sont de plus en plus dégradés, ce qui a des conséquences graves sur les régimes hydrauliques locaux et régionaux.
La destruction des habitats, les feux de brousse répétés et la chasse incontrôlée aux alentours des grandes agglomérations, dans certains endroits névralgiques à l'intérieur du pays ont provoqué la migration des grandes et moyennes faunes vers les zones les plus reculées, moins accessibles et peu peuplées. Ces zones qui constituent aujourd'hui les derniers grands refuges des animaux doivent donner naissance à des parcs et réserves pour la sauvegarde de la diversité biologique.

6 - L'INTRODUCTION DE NOUVELLES ESPECES FORESTIERES
Dans le but d'améliorer les rendements on a procédé à l'introduction de certaines espèces végétales et animales qui ont fait leur preuve ailleurs. Si ce système a des avantages certains, il a cependant comme inconvénient majeur, l'appauvrissement des valeurs génétiques des ressources locales qui se trouvent pourtant bien adaptées aux conditions du milieu.
L'adaptation d'une espèce exotique et sa prolifération peut perturber l'équilibre de la chaîne trophique existante.

7 - LA COUPE DE BOIS DE MANGROVE:
La coupe du bois de mangrove se pratique pour la production du bois d'énergie et de service. Il existe une réelle inadéquation entre les prélèvements de bois et les potentialités des secteurs de coupe, d'où l'amenuisement des ressources ligneuses.
Les bûcherons prélèvent plus de 70 000 tonnes de bois de feu et de service par an dans 9 principaux sites.

8 - LE FUMAGE DU POISSON :
Il emploie des techniques traditionnelles avec utilisation d'une quantité très appréciable de bois de Rizophora (Kinsi), environ 530 t/an. Cette activité est souvent prise en charge par les femmes.

9 - L'EXTRACTION DU SEL DE MANGROVE :
Elle occasionne des défrichements importants par l'ouverture de nouveaux casiers à sel ou par la coupe de bois pour l'extraction de sel.
La production totale de sel en Guinée serait d'environ 30.000 t/an.
Les besoins en bois de mangrove pour la production d'une telle quantité de sel est estimé à 93.000 t/an

10 - L'EXTRACTION DES PRODUITS SECONDAIRES DE LA FORET :
Les produits secondaires forestiers sont principalement le vin de palme, de raphia, de ronier; des tubercules; des cure-dents, des racines, des écorces et des feuilles de certaines plantes. Ces produits sont utilisés localement mais aussi alimentent tous les marchés de la Guinée particulièrement les grands centres urbains.
Au rythme actuel de l'exploitation , les espèces qui fournissent ces produits secondaires risquent de disparaître à court terme.

11 - LA CUEILLETTE :
Elle est d'un apport considérable dans la consommation humaine et animale, dans la consolidation de l'économie familiale et pour la santé humaine et animale. Elle concerne les produits tels : les fruits, les feuilles, les écorces, les racines, la sève, le latex, les fibres, les lianes, les tiges, les fleurs, les bourgeons, pour des fins alimentaires, médicinales, tinctoriales, ornementales, scientifiques et commerciales.
On estime qu'au moins 1200 espèces de plantes ont une valeur médicinale traditionnelle en Guinée, mais seulement une petite poignée a été étudiée.
Les pratiques traditionnelles d'exploitation constituent en soit un danger voire une menace de destruction réelle des espèces cibles.

12 - L'ÉLEVAGE :
Partout dans les 4 régions naturelles, plusieurs espèces domestiques sont élevées. L'importance et la variété de ces élevages tiennent compte principalement des conditions éco-climatiques, des traditions des populations des régions concernées, de l'importance socio-économique que revêt cet élevage .
Les principaux groupes d'animaux élevés en Guinée sont:
- Le gros bétail (bovins, équins et asins) ; le petit bétail (ovins, caprins et porcins) ; la basse cour (volailles, lapins etc...) ; les animaux de compagnie (chiens, chats, etc...) ; les abeilles.
Il existe trois principaux systèmes d'élevage du gros bétail : l'élevage familial traditionnel de petite dimension, l'élevage
semi-pastoral de moyenne dimension et l'élevage pastoral de grande dimension.
Ces systèmes se distinguent en fonction de la taille des troupeaux et d'autres facteurs tels le degré d'intégration des activités pastorales et agricoles, la pratique de la transhumance, le degré de monétisation des activités.
Dans le système d'élevage de grande dimension les troupeaux sont dans la majorité des cas contraints à une véritable transhumance provoquent des dégâts sur les espèces végétales et sur le sol.

13 - LA PECHE
La biomasse totale des ressources démersales était estimée à près de 135 000 tonnes en 1990. Elle est descendue aux environs de 80 000 voire 60 000 tonnes en 1993
L'indice d'abondance toutes espèces confondues était de 93 kg en novembre 1992, par trait de chalut de 30 minutes. En février 1993 l'indice était descendue à 68 Kg .
Les indices d'abondance obtenus lors des campagnes de chalutage expérimental depuis 1985, indiquent une diminution sensible des ressources halieutiques démersales.

13.1 - La pêche maritime :
On distingue 2 principaux types de pêche: la pêche artisanale et la pêche industrielle. La première se subdivise en pêche artisanale traditionnelle et en pêche artisanale avancée dite glacière

- La pêche artisanale traditionnelle.
Les pêcheurs artisans, repartis sur 120 ports sont au nombre de 8000 dont 2197 propriétaires. Ils utilisent 2600 embarcations motorisées à 50 % et équipées avec 14 types d'engins de pêche.
Les captures réalisées par cette pêche étaient environ de 50 000 tonnes en 1997. Les ressources démersales (23.000 t de poissons en 1995) sont surtout exploitées dans la région sud près de Conakry qui a produit à elle seule 13.000 t
L'utilisation des filets à mailles fines, l'incursion des bateaux de pêche industrielle dans la zone de reproduction et de croissance, la pollution, la croissance du parc piroguier qui a augmenté de 23 % entre 1989 et 1992, sont les principales menaces qui pèsent sur la diversité biologique des zones côtières et estuariennes.
- La pêche artisanale avancée ou glacière
Elle est constituée d'unités de type moderne (longueur inférieure à 20 m, TJB inférieur à 800, puissance de 95-800 cv). La flottille est constituée de 18 navires environ. Les débarquements de 1993 ont été estimés à 2000 t
La pêche industrielle:
Les pêcheurs industriels exploitent des zones différentes selon le type de licence (poissonnière, céphalopodière ou crevettière).
116 navires ont obtenu une autorisation de pêche en 1993 et.172 navires ont obtenu une autorisation de pêche en 1997 dont 14 guinéens, 80 de la CEE et 78 autres pavillons.
En 1995 les poissonniers pélagiques ont capturé 3400 t et ceux démersaux 8600 t les céphalopodiers 10 100 t et les crevettiers 600 tonnes
La pêche est beaucoup orientée vers l'exploitation à outrance des espèces démersales et sans la moindre précaution.
Depuis 1994, les ressources démersales côtières de la Guinée, pêchées conjointement par la pêche chalutière côtière et industrielle font l'objet d'une exploitation proche du seuil de tolérance ou optimum biologique.
La récolte des huîtres par la coupe des pneumatophores, le piratage des ressources halieutiques par la pêche industrielle l'utilisation d'engins inappropriés et les rejets importants de poissons en mer, contribuent à l'appauvrissement des ressources côtières et marines.

13. 2 - La pêche continentale :
Les données disponibles attestent que le potentiel annuel exploitable est de 12 000 tonnes et en 1993 la production était déjà estimée entre 7 000 et 9 000 tonnes par an, dont 6 000 à 8 000 tonnes proviendraient du seul bassin du Niger.
Les nombre total de pêcheurs était estimé alors à 7 000 dont 6 000 professionnels Ces pêcheurs utilisent en général des filets maillants et coniques, des palangres, des nasses , des éperviers, des sennes de plage et des lignes.
L'usage d'engins de pêche prohibés tels que les filets à petites mailles, les plantes ichtyotoxiques, l'assèchement des lacs, le barrage des lits de cours d'eau, l'utilisation d'explosifs, occasionnent la destruction massive de la faune dans les eaux douces.
Il y a lieu de noter aussi le braconnage qui est un système préjudiciable à la faune aquatique des eaux douces. Il est pratiqué par les Bozos sur les hippopotames, les crocodiles et les varans.

14 - LA CHASSE :
Elle constitue pour de nombreux guinéens le principal moyen de se procurer des protéines. L'exploitation de la faune sauvage dépasse largement par endroits, l'accroissement naturel, ce qui menace de disparition un bon nombre d'espèces.
La Guinée est sévèrement menacée par la chasse commerciale, encouragée par la demande nationale en viande de brousse et la demande internationale d'animaux vivants, de dépouilles et de trophées. De nombreux citoyens se sont convertis en oiseleurs et en chasseurs professionnels qui capturent même les serpents et les petits de certains mammifères.
Ce braconnage qui n'épargne ni les femelles en gestation, encore moins les petits des animaux, entraîne la disparition du gibier sur la majeure partie du territoire national.
La chasse est pratiquée à l'aide d'armes traditionnelles, modernes ou avec des pièges et cela presque à toute saison. Parfois on organise des battues collectives pour récolter le maximum de gibiers surtout pendant la saison sèche.
Quand la chasse est pratiquée de façon rationnelle, elle constitue un moyen efficace de gestion de la faune sauvage.

15 - L'INDUSTRIE MINIÈRE:
Le paysage guinéen est déjà marqué par des vastes saignées de mines à ciel ouvert dont les effluents sont insuffisamment contrôlés et les parties exploitées n'ont toujours pas été réhabilitées.
Les activités minières ont aussi d'importantes incidences sur le couvert végétal, les sols et la faune. Elles entraînent non seulement une modification des paysages, mais elles provoquent de graves pollutions par les rejets dans l'atmosphère, dans les eaux et dans les sols.
L'industrie minière et l'exploitation minière artisanale causent de nombreux dommages à l'environnement et peuvent, faute de mesures préventives et curatives, mettre dangereusement en jeu le développement des zones environnementales et des sites d'exploitation.
Dans les zones minières foisonnent les armes à feu qui sont utilisées pour la chasse sportive non réglementée. Ce type de chasse détruit une grande quantité de faunes au point que ces lieux sont aujourd'hui vidées de leurs faunes notamment mammalienne.
L'exploitation des mines et des carrières axée sur l'extraction, de la bauxite et des granites, l'exploitation artisanale et industrielle de l'or et du diamant et l'extraction des matériaux de construction (sable, gravier, bloc, argile) a des impacts négatifs sur la biodiversité des eaux douces.

16 - LES INFRASTRUCTURES ET L'URBANISATION :
Le développement des infrastructures (urbanisation, voies de communication, grands aménagements énergétiques, hydroagricoles) provoquent des pertes considérables de la diversité biologique.