CEIAN 2010

La Vague verte

 

Initiative mondiale pour planter des arbres

Année Internationale de la Biodiversité 2010

HTML Document Les efforts de conservation 4

Cette page contient les efforts déployés en matière juridique et institutionelle pour la conservation de la biodiversité.

Release date 15/03/2010
Contributor saidou doumbouya
Geographical coverage Guinée
Keywords Coonservation in-situ, conservation ex-situ

 

13 - 2 - AU PLAN INSTITUTIONNEL

L'étude des structures administratives chargées de gérer l'Environnement et la diversité biologique, démontre que les compétences sont partagées entre une pluralité d'organismes dont les interventions peuvent se situer à différents niveaux : central territorial et inter-institutionnel.

Pour aborder cette tranche de l'étude, au regard de la dynamique de la reforme administrative, qui a pour corollaire les multiples changements de tutelles, de dénomination, de structure et même d'attributions, nous nous contenterons ici d'énoncer une liste exhaustive des services et institutions directement intéresses par la diversité biologique à travers leurs principaux domaines d'intervention ainsi que les activités pratiques qui y sont menées .

A1 - MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS ET DE L'ENVIRONNEMENT

a) - DIRECTION NATIONALE DE L'ENVIRONNEMENT

Domaines d'Intervention :
- Le suivi et la mise en oeuvre de la politique nationale en matière d'Environnement.
- Le suivi de la mise en oeuvre des accords et conventions internationales en matière d'Environnement.

Activités:
- Prévention et lutte contre les pollutions et nuisances.
- Participation à la définition de la politique et des stratégie de gestion rationnelle des ressources naturelles.
- Suivi de la mise en oeuvre du code sur la protection et la mise en valeur de l'Environnement.
- Information, Education et sensibilisation des populations pour la protection de l'Environnement.

b) - CENTRE DE GESTION DES MONTS NIMBA

Domaines d'intervention:
- Protection de la zone de Biosphère des Monts Nimba, classés comme patrimoine mondial par l' UNESCO.
- Appui aux études et recherches sur la biodiversité locale ;

Activités:
- Surveillance continue de l'Environnement.
- Mise en oeuvre de projets intégrés de développement au niveau des populations riveraines des Monts Nimba.
- Lutte contre les pollutions et nuisances.

A2 - MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES EAUX ET FORÊTS

a) - DIRECTION NATIONALE DES FORÊTS ET DE LA FAUNE

Domaines d'intervention :
- Lutte contre les feux de brousse ;
- La protection, l'aménagement et la reconstitution des forêts, des parcs et réserves naturels.
- La protection de la faune et le contrôle de son exploitation ;
- La protection et l'aménagement des bassins versants ;
- La gestion du patrimoine naturel national.

Activités:
- Réalisation de pare-feu
- Classement des forêts et leur aménagement
- Création de parcs nationaux, réserves, sanctuaires de faune etc... et leur aménagement ;
- Protection intégrale de certains espaces naturels et de certaines espèces animales
- Contrôle de la coupe de certaines espèces forestières et des défrichements par le biais de permis ;
- Contrôle de la chasse par le biais de permis ;
- Protection des cours d'eaux et leurs berges ;
- Contrôle de l'importation et de l'exploitation des espèces animales et végétales à travers la CITES.

b) - INSTITUT DE RECHERCHE AGRONOMIQUE DE GUINÉE

Domaines d'intervention:
- Prospection et collecte des Ressources Phytogénétiques et Animales
- Conservation in situ
- Conservation en Labo
- Echange de matériel Végétal avec les institutions telles que : IPGRI, INIBAC, FAO

Activités concernées:
- Caractérisation des variétés (cultivées et sauvages)
- Constitution de bases de données
- Sélection pariétale
- Caractérisation des espèces végétales et animales locales.

L'IRAG à 7 Centres de recherche
- Foulaya et Kilissi à Kindia
- Koba à Boffa
- Faranah (zootechnie) à Faranah
- Bareng à Pita
- Bordo à Kankan
- Sérédou à Macenta

A3 - MINISTERE DE L'ELEVAGE ET DE LA PECHE

a) - DIRECTION NATIONALE DE L'ELEVAGE

Domaines d'intervention:
- Prospection et inventaire des Ressources Animales
- Collecte
- Conservation

Activités concernées:
- Constitution de base de données
- Caractérisation des espèces animales et végétales fourragères

La Direction Nationale de l'Elevage dans sa structure comporte:
- Un laboratoire Central de diagnostic
- Un laboratoire de production de vaccins à Pastoria (Kindia)
- Un Centre d'appui à l'élevage à Boké
- Un Centre d'appui à l'élevage à Famoïla (Beyla)
- Un Centre d'appui à l'élevage à Ditinn (Dalaba)

b) - LE CENTRE NATIONAL DES SCIENCES HALIEUTIQUES DE BOUSSOURA

Les objectifs de ce Centre sont: l'évaluation des ressources halieutiques, la gestion rationnelle des stocks, la surveillance et le contrôle

A4 - MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE LA CULTURE

a) - INSTITUT DE RECHERCHE DE BIOLOGIE APPLIQUÉE DE GUINÉE (IRBAG) Pastoria

Domaines d'intervention:
- Entomologie
- Zoologie
- Botanique
- Bactériologie et Virologie
- Parasitologie

Activités concernées:
- Capture et détermination des espèces de tiques et de moustiques ;
- Etudes des animaux vertébrés ;
- Etudes des plantes et leurs différentes utilisations sur le plan sanitaire
- Etudes des micro-organismes dans la nature
- Lutte contre les parasites de l'homme et des animaux.

b) - CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES EN ENVIRONNEMENT ( CERE) à l'Université de Conakry.

Implanté à l'Université de Conakry, avec un financement canadien, le CERE a pour but de doter la Guinée d'un outil efficace et autonome de Formation, d'Etude et Recherche en Environnement.

c) - DÉPARTEMENT DE BIOLOGIE ( FACULTÉ DE SCIENCES DE L'UNIVERSITÉ DE CONAKRY)

Activités concernées:
Formation et recherches dans le domaine de l'Inventaire et de la Description de la flore et de la faune guinéennes.

d) - CENTRE DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE DE CONAKRY-ROGBANE CERESCOR)

Domaines d'intervention:
Créé en Juillet 1982, ce Centre a pour mission de promouvoir les recherches fondamentales et appliquées dans les domaines de l'héliophysique, de l'océanographie et de l'étude de comportement des matériaux de construction et de produits finis dans les conditions du climat tropical.
Il mène aujourd'hui des activités de recherche orientées vers une meilleure connaissance du milieu marin et de ses ressources en vue de leur mise en valeur et de leur gestion rationnelle.
Cet important centre est doté d'un potentiel humain de haut niveau.

e) - INSTITUT DE RECHERCHES ENVIRONNEMENTALES (BOSSOU )

Il s'occupe de l'étude et de la protection des primates de Bossou.

f) - LE CENTRE D'EDUCATION À L'ENVIRONNEMENT ET AU DÉVELOPPEMENT ( CEED)

Ce Centre dont les infrastructures sont implantées à Pita, devra s'occuper de Recherche - Action -Formation et devra permettre par une approche éducative axée sur l'identification des problèmes réels de:

  • favoriser la réconciliation entre l'école et le milieu par la mise en oeuvre d'une pédagogie active et interdisciplinaire;
  • Promouvoir l'implication active des élèves dans le processus d'apprentissage par une approche expérimentale de la réalité dans une démarche de résolution de problèmes;
  • Assurer la formation d'animateurs en éducation à l'environnement et au développement;
  • Produire et expérimenter des outils de formation;
  • Mener des recherches-actions locales relatives aux problèmes d'éducation à l'environnement;
  • Aider les groupes sociaux et les individus à acquérir une expérience ainsi qu'une connaissance fondamentale de l'environnement et des problèmes annexes;
  • Aider les groupes sociaux et les individus à acquérir le sens des valeurs, des sentiments d'intérêt pour l'environnement et la motivation requise pour participer activement à l'amélioration et à la protection de l'environnement;
  • Aider les groupes sociaux et les individus à acquérir des compétences nécessaires à l'identification et à la solution des problèmes de l'environnement;
  • Donner aux groupes sociaux et aux individus la possibilité de contribuer activement à tous les niveaux à la solution des problèmes de l'environnement.

A5 - MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE ET DE LA POPULATION

- LA DIVISION MÉDECINE TRADITIONNELLE
chargée de promouvoir et développer les ressources de la médecine traditionnelle. Entre autres elle est chargée de la conception du suivi et de l'évaluation des travaux de recherche sur la médecine traditionnelle et les plantes médicinales.

A6 - ANALYSE DE L'INSTITUTIONNEL

Les différentes institutions annoncées plus haut scellant leurs missions soit fortement décentralisées à l'intérieur du pays, soit spécialisées dans tel ou tel domaine et / ou sont appelées à collaborer de façon horizontale avec les autres institutions.

Dans le cadre de la diversité biologique on comprend aisément que sa gestion ne relève pas d'une institution particulière. La responsabilité est confiée à divers organismes en fonction du type d'utilisation qui est fait de la ressource.

Les compétences administratives et techniques de cette matière se trouvent ainsi partagées entre la pluralité d'institutions, qui interviennent à différents niveaux : central, territorial et inter-institutionnel.

Après avoir fait un constat synoptique de la situation qui préoccupe les institutions directement concernées par la diversité biologique en Guinée, il faut retenir que chacune de ces institutions évolue à vase clos et souvent méconnaissant tout ce qui peut se passer dans les autres services.

De façon générale tous les services rencontrés sont unanimes de ce manque de synergie intersectoriel.

1 - ANALYSE DE L'ETAT DE DISPONIBILITE DE L'INFORMATION

La gestion efficiente de la diversité biologique repose essentiellement sur la disponibilité d'informations valables et fiables.
Le processus d'évaluation exige l'existence d'un cadre statistique indispensable pour effectuer une évaluation numérique et quantitative. La faisabilité de l'évaluation est liée avec la disponibilité des données spécifiques concernant les ressources naturelles. Ainsi, plus les données sont abondantes et fiables, plus les calculs peuvent être précis.
Malheureusement, la Guinée a été privée d'un système statistique fiable pendant vingt-six ans. Même à présent, les impacts de cet héritage ont fait que le système statistique guinéen est encore à ses débuts, avec des structures très modestes. La fiabilité, la qualité et la quantité des informations sont encore limitées. Les données concernant : l'exploitation des ressources naturelles sont inexistantes.

Rien ne peut présenter une synthèse de cette situation plus qu'une phrase dite par un cadre supérieur "je n'ai même pas de données fausses à vous donner!"
Le rythme actuel d'exploitation des ressources naturelles n'est pas connu. Concernant les données sur les ressources naturelles il faut souligner l'insuffisance ou quasi-absence de données chiffrées, et même le peu qui existe est de mauvaise qualité. L'absence de données statistiques en Guinée constitue des obstacles sérieux, à court terme, à l'évaluation du coût de la dégradation environnementale.

1 - 1 - ÉVALUATION DES DONNÉES STATISTIQUES

a) HANDICAPS QUANTITATIFS
Le volume d'informations statistiques est très limité; les données existantes sont rarement en séries homogènes. Aucune évaluation n'est faisable à cause des difficultés concernant la quantité et la couverture très limitée des données disponibles qui ne permettent pas la collecte suffisante d'informations, même sur le plan des statistiques de base :

b) HANDICAPS QUALITATIFS
L'incertitude de la qualité et de la fiabilité est due à la faiblesse générale, pas seulement de collecte, mais aussi de gestion mise à jour, ainsi que l'analyse et la révision des données existantes.

En exemple, la plupart des statistiques forestières sont obtenues sur la base d'estimation. Aucun inventaire systématique des ressources forestières guinéennes n'a fait l'objet d'étude. La seule information disponible sur les formations forestières naturelles est fournie par une étude régionale de la FAO réalisée en 1976-1978.

Il faut noter en outre que dans le sens des échanges d'informations, nombreux sont les résultats de recherche sur la diversité biologique qui sont méconnus à la Direction de l'environnement. La plupart d'entre eux ne franchissent pas le cadre des laboratoires ou des institutions qui les abritent.

1 - 2 - FORMATION ET SENSIBILISATION

L'handicap majeur de la préservation de la biodiversité en Guinée est le manque d'accès des populations au message environnemental eu égard au taux d'analphabétisme élevé. Ceci rend difficile et beaucoup plus coûteux les activités à caractère éducationnel pouvant aller dans le sens de la conscientisation rapide de cette population sur la dégradation des ressources.
-Insuffisance et inefficacité des programmes d'éducation et de sensibilisation des populations à l'environnement.
- Le manque de qualification des agents des structures d'encadrement en milieu rural.

Le sous-équipement et le manque de renforcement des capacités de production par la Radio, la Télévision voire même la presse écrite, de documentaires adéquats pour la sensibilisation des populations, constituent aussi des faiblesses de la sensibilisation.

1 - 3 - COORDINATION ET CONCERTATION

Au cours de ces dernières années une multitude de programmes et projets de développement liés soit directement ou indirectement à la préservation de l'environnement, ont vu le jour en République de Guinée.

En dépit de l'évidente nécessité de ces programmes et de leur impact positif sur le développement, certaines constatations s'imposent au nombre desquelles :

  • Le manque de coordination des interventions ;
  • La faible implication des populations dans les divers programmes ;
  • La mauvaise gestion des projets parfois jamais menés à terme et l'absence de prévision des charges récurrentes ;
  • La prépondérance des aspects économiques des projets par rapport aux impacts environnementaux ;
  • Le manque de suivi et évaluation des programmes d'investissement ;
  • L'absence de concertation entre les différents départements sectoriels intéressés par un même programme.