CEIAN 2010

La Vague verte

 

Initiative mondiale pour planter des arbres

Année Internationale de la Biodiversité 2010

HTML Document Chapitre I: état des lieux

L'état des lieux sur l'identification des besoins de renforcement de capacités, quatrième partie. 

Release date 27/03/2010
Contributor saidou doumbouya
Geographical coverage Guinea
Keywords assay

Les enquêtes menées ont donné les résultats suivants :

1.1 - AU NIVEAU DES COMMUNAUTES LOCALES

Dans chaque communauté locale échantillon, l’enquête a touché en moyenne 170 personnes qui ont été largement informées et sensibilisées sur l’existence et le rôle du CHM en Guinée ainsi que sur les avantages pouvant être tirés de l’échange d’informations sur la diversité biologique.

Parmi ces personnes informées et sensibilisées, un certain nombre a été choisi par les communautés locales pour répondre aux questionnaires établies à cet effet. Ces interlocuteurs ont été choisis à cause de leur réputation en savoir et en savoir faire, leur disponibilité, leur représentativité sociale. Elles ont été ainsi identifiées comme premières personnes ressources potentielles du CHM. Elles sont au nombre de 158 réparties comme suit :

  • 25 personnes ressources en Basse Guinée;

  • 35 personnes ressources en Moyenne Guinée ;

  • 45 personnes ressources en Haute Guinée ;

  • 53 personnes ressources en Guinée Forestière ;

Certaines de ces personnes sont des leaders d’organisations traditionnelles de pêcheurs, d’agriculteurs, d’éleveurs, d’artisans, de tradipraticiens et de confréries de chasseurs.

Il convient de préciser que les enquêtes, au niveau des communautés locales, ont été menées sur des groupes thématiques conformément aux activités exercées par ces communautés locales. Elles ont touché donc 54 agriculteurs, 34 éleveurs, 14 chasseurs, 26 artisans, 23 tradithérapeutes et 7 pêcheurs.

Ces enquêtes ont permis de constater:

  • Une dispersion des données et informations ;

  • Une transmission empirique des données et informations de l’ascendant au descendant et/ou du maître à l’apprenti ;

  • L’esprit de mystification et de superstition des communautés locales dans la conservation et la transmission des informations ;

  • La fragilité des structures traditionnelles en matière de gestion des données et informations sur la diversité biologique à cause de l’exode rural, de l’influence grandissante de la vie moderne occidentalisée,

  • Le détournement de la jeunesse par les nouvelles technologies de l’information et de la communication au détriment des canaux de la tradition.

  • L’absence d’intérêts pour la jeunesse à participer au système traditionnel qui a tendance à s’éteindre par manque de soutien

  • Les personnes âgées sont les détentrices du savoir, des innovations et des pratiques traditionnelles

  • L’inquiétude des communautés locales face aux menaces qui pèsent sur certains écosystèmes et espèces;

  • La volonté manifeste des communautés locales à collaborer dans le cadre d’échange d’informations dans l’espoir d’acquérir de nouvelles capacités

  • La volonté au niveau des communautés locales de s’organiser en associations pour faciliter leur participation à l’échange d’informations;

1.2 - AU NIVEAU INSTITUTIONNEL

Les enquêtes au niveau des services et institutions ont permis d’informer et de sensibiliser 163 personnes dont 76 ont répondu aux questionnaires.

Ceci a abouti aux résultats suivants :

  • L’identification des services et institutions collaborant avec les communautés locales dans les domaines de la protection de l’environnement, de la conservation et de l’utilisation de la diversité biologique

  • La disponibilité de données et informations sur la diversité biologique dans certains services et institutions nationales ;

  • Le manque de structures chargées spécifiquement de la gestion de l’information au niveau de certains services et institutions ;

  • Le manque de personnel spécialisé dans la collecte, le stockage, le traitement et la diffusion des données et informations sur la diversité biologique ;

  • L’insuffisance de moyens matériels et financiers pour la collecte, le stockage, le traitement et la diffusion des données et informations sur la diversité biologique ;

1.3 - AU NIVEAU SYSTEMIQUE

Les enquêtes ont permis de constater que depuis 1984 le Gouvernement guinéen a entamé d’importantes actions de formulation de politiques, programmes, stratégies et plans de développement fondés sur l’exigence de satisfaire les besoins fondamentaux des populations, d’instaurer la sécurité alimentaire, de restaurer l’économie nationale en se fondant sur les capacités endogènes renforcées par la coopération internationale.

Pour ce faire, l’Etat a entre autres actions, décentralisé les pouvoirs de décision au niveau des régions, préfectures et communautés rurales, rendant ainsi les communautés locales responsables de la gestion des ressources naturelles de leurs terroirs.

Un certain nombre de politiques, programmes, stratégies et plans de développement en cours ainsi que certains textes juridiques relatifs à l’environnement en général et aux ressources biologiques en particulier, ont été passés en revue, pour vérifier le niveau de prise en compte de l’aspect "gestion de l’information et la participation des acteurs potentiels au processus d’échange d’information" sur les ressources de la diversité biologique.

Ces documents analysés sont :

1.3.1 – Niveau politique:

- La lettre de politique agricole ;

- La politique  forestière ;

- La politique de population

1.3.2 - Les Programmes :

- Le Programme de Développement Humain Durable (PNDH) ;

- Le Programme d’Appuis aux Collectivités Villageoises (PACV) ;

- Le Programme cadre genre et développement ;

1.3.3 - Les Stratégies et Plans d’Actions :

- La stratégie Nationale de réduction de la pauvreté ;

- La Stratégie Nationale sur la Conservation de la Diversité Biologique et l’utilisation durable de ses Ressources et son Plan d’Action ;

- Le Plan d’Action Environnemental (PNAE) ;

- Le plan stratégique de développement sanitaire ;

- Le plan d’action forestier.

1.3.4 - Les textes Juridiques :

- L’ordonnance N° 045/PRG/87 du 28 mai 1987 portant code de l’environnement ;

- La loi L/99/013/AN du 2 juin 1999 portant code forestier ;

- La loi L/97/038/AN portant code de la protection de la faune sauvage et réglementation de la chasse ;

- La loi L/95/051/CTRN du 29 août 95 portant code pastoral ;

- La loi L/95/013/CTRN du 15 mai 1995 portant code de la pêche maritime ;

- La loi L/95/046/ CTRN du 29 août 1995 portant code de l’élevage et des produits animaux ;

- L’ordonnance N° 091/PRG/SGG/90 du 22 octobre 1990 portant régime financier et fiscal des communautés rurales de développement ;

- La loi N°020/AN du 19 juin 1997 portant code de la santé publique.

La revue de ces textes a permis de constater :

  • la non prise en compte des aspects gestion de l’information et d’échange d’informations sur la biodiversité ainsi que la motivation détenteurs de l’information ;

  • la méconnaissance par les communautés locales de l’existence de textes juridiques en matière de gestion des ressources biologiques ;

  • des insuffisances dans l’application des textes juridiques.

Cet ensemble de dispositifs politiques et juridiques privilégie de façon remarquable la responsabilité des communautés locales sur la gestion des ressources naturelles. Mais ces dispositifs bien qu’appréciables, ne font pas cas de la gestion de l’information sur la diversité biologique.